La Commission colombienne des juristes (CCJ) a publié le 31 janvier 2007 son rapport sur la situation des droits humains en Colombie pour la période de 2002 à 2006, couvrant essentiellement le premier mandat du président colombien Alvaro Uribe Vélez. Vous trouverez ci-dessous les versions espagnole et anglaise de ce rapport.
Le rapport contient des statistiques effarantes sur la violence en Colombie entre 2002-06, dont voici quelques unes:
Nombre total de morts, incluant lors de combats: 20 102
Assassinats et disparitions forcées en dehors des combats: 11 292
Responsabilité directe des assassinats en dehors des combats :
Agents de l’État : 14%
Paramilitaires : 61%
Guérilla : 25%
Selon la CCJ, l'État colombien tolère ou supporte l'action des paramilitaires. En conséquence, la CCJ considère que l'État colombien est directement ou indirectement responsable de 75% des assassinats en dehors des combats
Moyenne annuelle d'assassinats par la guérilla: 397
Moyenne annuelle d'assassinats et de disparitions forcées par les paramilitaires: 1060
Victimes de massacres: 1741
Victimes de torture: 823
Personnes détenues arbitrairement: 6192
Selon la CCJ, le nombre de violations du droit à la vie commises directement par l'État a cru de 92% pendant la période 2002-06 pour une moyenne de 227 exécutions extrajudiciaires commises annuellement par des agents de l'État. Cette vertigineuse augmentation est due à la politique de «sécurité démocratique» mise en oeuvre par le gouvernement Uribe, laquelle identifie entre autre les défenseurs des droits humains aux «terroristes» de la guérilla, à la non observance du principe de distinction entre les combattants et les civils et à la pression exercée par le gouvernement sur les agents de l'État pour l'obtention de résultats dans la «lutte au terrorisme».
La CCJ rappelle également qu'historiquement, les paramilitaires ont toujours été la faction responsable du plus grand nombre de violations des droits humains. Malgré le processus de démobilisation des paramilitaires actuellement en cours, la CCJ affirme que cette réalité est toujours aussi vraie: depuis le début du processus de négociation avec les paramilitaires en 2002, ceux-ci ont assassiné ou fait disparaître 3005 personnes.
Un changement de stratégie s'est cependant opéré chez les paramilitaires dans les dernières années: des massacres de populations faisant plusieurs victimes à la fois, les paramilitaires optent maintenant plus souvent pour les assassinats sélectifs leur permettant d'exercer un contrôle social et politique en se débarrassant d'éléments considérés comme nuisibles à leurs objectifs et mandats. Cette observation de la CCJ est paratagée par de nombreuses organisations, dont ASF.
La CCJ indique également que le nombre d'assassinats et de disparitions forcées dont se rend coupable la guérilla continue d'être alarmant.
Le rapport contient également des commentaires et statistiques sur les groupes les plus vulnérables, les violations d'autres droits fondamentaux tels le droit à la liberté et le droit à l'intégrité physique de même que sur les déplacements forcés de populations.