Nouvelles Avocats sans frontières

03 décembre 2007

Derniers jours de la mission en droit international du travail en Haïti

Après trois semaines intensives de mission en Haïti, mon séjour s’achevait en cette dernière semaine de novembre. La dernière activité de formation de la mission prenait la forme d’une conférence de trois heures à l’École de droit de Jacmel, une école de région associée à l’Université d’État d’Haïti (UEH).

C’est donc tôt mercredi matin que nous avons pris la route, Jacques Laliberté, chef d’équipe de l’Entraide universitaire mondiale du Canada en Haïti, le représentant du vice-recteur de l’UEH, notre chauffeur et moi-même à destination de la paisible Jacmel située au bord de mer.

Comme en faisait mention dans sa dernière contribution au blogue Me Gagnon, les embouteillages sont nombreux dans la capitale, il faut donc partir dès le lever du soleil pour les éviter et arriver à l’heure pour la conférence. Après plusieurs kilomètres de route longeant les banlieues de Port-au-Prince et la mer, nous avons emprunté le chemin de montagne qui mène à Jacmel. Une heure de courbes et de rencontres parfois très serrées…Heureusement que notre chauffeur connaît bien la route et que notre véhicule est bien entretenu. Au passage, nous nous trouvons au centre d’un marché déjà bien animé à sept heures du matin. Le paysage est splendide tout au long de cette route de montagne tortueuse, ce qui change considérablement de la vie animée et bruyante de Port-au-Prince.

La conférence se donnait dans la grande salle d’une école de musique. Une quarantaine de personnes y ont assisté. L’auditoire se composait principalement d’étudiants finissants et professeurs de l’École de droit, d’avocats du Barreau de Jacmel et de fonctionnaires gouvernementaux.

Plusieurs questions ont été posées tout au long de la conférence. Nous avons discuté ensemble de plusieurs problématiques qui touchaient particulièrement l’État haïtien en matière de droit international du travail : notamment les travailleurs haïtiens dans les plantations dominicaines, les difficultés du gouvernement haïtien à remettre ses rapports annuels à l’Organisation internationale du travail et les possibilités de plaintes et de sanctions au sein de cette organisation. A l’instar des autres conférences que nous avons données tout au long de notre séjour en Haïti, la participation des gens présents à Jacmel était très active et leur soif d’apprendre était tout aussi vive. Nul besoin de souligner que, pour une formatrice, il n’y a rien qui peut susciter plus d'enthousiasme que d’avoir un public comme celui que nous avons eu en Haïti. Cela permet d’oublier la chaleur étouffante de la salle sans ventilateur ni micro.

Pour terminer notre court passage à Jacmel, nous sommes allés visiter les locaux de l’École de droit qui sont partagés avec une école secondaire : le matin ce sont les étudiants du niveau secondaire qui occupent les locaux et l’après-midi ce sont les étudiants de l’École de droit. Le responsable de l’École nous a aussi montré un terrain vacant sur lequel devrait être construite une nouvelle école de droit.

En fin d’après-midi, nous avons repris la route en direction de Port-au-Prince où allait se terminer cet extraordinaire séjour en sol haïtien. Le reste de la semaine a été consacré à compléter le rapport de fin de mission et à rencontrer pour une dernière fois, dans le cadre de cette mission, nos vis-à-vis de la Faculté de droit de l’UEH à Port-au-Prince. Tous attendent avec impatience la venue des prochains formateurs d’Avocats sans frontières, Me Hugues Surprenant et Me Pierre Gagnon, en janvier 2008.

Me Marie-Claude Desjardins
2 décembre 2007

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