Les deux coopérants d’Avocats sans frontières en mission d’enseignement en Haïti, Fannie Lafontaine et François Larocque, commencent leur session de formation à Port-au-Prince aujourd’hui, lundi le 26 mai, après avoir donné une première formation aux étudiants de 4ième année de la licence en droit à Cap-Haïtien, la semaine dernière. Ce billet vise à faire un bref compte-rendu de cette formation « au Cap », qui s’est très bien déroulée.
La formation, sur « les recours internationaux pour les violations des droits de la personne », se veut une introduction au système international de protection des droits humains fondamentaux et aux recours possibles en vertu de ce système. Les recours enseignés visent tant les plaintes relatives à des violations individuelles des droits de la personne que celles liées aux violations systématiques dans un pays donné. Les étudiants apprennent à identifier une violation d’un droit protégé, à cerner le ou les recours appropriés et à rédiger la procédure pertinente. Ils sont également à même de juger des failles et des limites du système international, ainsi que de ses avantages et des conséquences concrètes de son utilisation.
Les étudiants de 4ième année de Cap-Haïtien, près de 200, étaient très motivés. Plusieurs d'entre eux sont arrivés très tôt le matin pour s'assurer une place dans une salle bondée, où chaque fenêtre était également le siège de plusieurs de leurs confrères moins matinaux. Une salle remplie surtout d'étudiants, mais aussi plusieurs magistrats, représentants de la société civile et professeurs. Un nombre notable de femmes, aussi. Nous avons d'ailleurs été traités de féministes, avec nos nombreuses allusions aux droits des femmes et à l'égalité. Une des peintures d'art naïf offerte par nos hôtes pour nous remercier représente d'ailleurs une esclave transportant un lourd fardeau...pour nous témoigner que le message avait passé!
Les formations ont été intenses, mais le partage entre la théorie et les exercices pratiques a permis de ré-énergiser les troupes aux bons moments. Ils devaient travailler en groupes de 15 environ pour élucider des cas pratiques. Leur dévouement était saisissant! Ils se disséminaient à travers la classe, à l'extérieur, et ils discutaient, débattaient entre eux, se partageant les rôles de preneur de note, porte-parole, etc. Souvent, nous demandions à un porte-parole de chaque groupe de venir présenter les résultats des discussions devant la classe. Cela a donné lieu à de belles performances! Constatant l'absence des étudiantes dans les porte-paroles désignés, nous les avons invités à nommer les femmes pour jouer ce rôle à la session suivante. Elles se sont levées! Au moins la moitié des porte-paroles ont été des femmes...Bravo!
Les témoignages de remerciements et de gratitude reçus nous permettent de penser qu'ils ont été satisfaits de la formation offerte. Nous avons été grandement touchés par ces témoignages. Nous leur avons dit à la fin, après toutes ces effusions de gratitude et appréciation, que si nous espérions leur avoir transmis quelques connaissances importantes, nous avions, nous aussi, beaucoup appris d'eux. En les remerciant, nous leur avons dit que les peintures qu’ils nous nous offertes nous permettraient de les amener avec nous au Québec (et à Ottawa) et que leur énergie et soif d’apprendre resteraient gravées dans nos cœurs...jusqu'à la prochaine fois. Nous aussi, nous nous sommes laissés tenter par les discours émotifs et éloquents « à l'haïtienne »!