La fin de semaine dernière s’est conclue la première série de formations d’Avocats sans frontières sur le système interaméricain de protection des droits humains.
Cette formation regroupait 20 avocats et juristes travaillant dans le domaine des droits humains. La formation s’est étendue sur 3 jours, pour un total de 16 heures, au cours desquels nous avons abordé et examiné les mécanismes interaméricains de protection des droits humains afin d’en ancrer l’utilisation dans les réalités juridique et sociale haïtiennes.
Cette formation a été conçue de façon à ce que nous travaillions à partir de cas pratiques, qui étaient en fait de véritables dossiers choisis par Me Méhu M. Garçon, le directeur du Groupe d’assistance juridique (GAJ). Avec Me Méhu et Lemy Ernst, un juriste qui travaille à la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), nous avions préparé les cas afin que chacun d’eux permettent d’acquérir une maîtrise des instruments interaméricains.
Le groupe était enthousiaste et participatif, n’hésitant pas à poser des questions et à débattre des thèmes abordés. Ils ont trouvé l’approche intéressante puisque l’ensemble des activités débutaient à partir de leurs expériences, de leur compréhension du droit et de ses mécanismes, auxquelles ASF a greffé les notions sur le système interaméricain.
Cette démarche de formation auprès des avocats et des juristes avait pour objectif de surmonter les difficultés qui les empêchent de recourir aux instances interaméricaines. Ensemble nous avions évalué que ces obstacles provenaient entre autres de la méconnaissance et du manque d’information, du manque de ressources et de la conséquente difficulté d’assurer le suivi des dossiers, dont le traitement au niveau du système interaméricain est tout de même assez lent, le tout s’inscrivant dans un contexte national instable.
À la fin de la formation, les participants ont conclu que les mécanismes interaméricains leur paraissaient plus accessibles, qu’ils avaient en quelque sorte démystifié le processus de présentation de requête et ses difficultés.
Il me faut maintenant voir comment assurer le suivi à cette formation, afin que d’ici à mon départ (prévu à la mi-août), je puisse rencontrer à nouveau les participants afin de voir comment ils ont réussi à mettre en application ce que nous avons vu ensemble, et s’ils ont des questions suite à la mise en application des notions et habiletés acquises.
Je dois maintenant adapter ce modèle de formation à un nouveau groupe-cible, les défenseurs de droits humains. Ma prochaine formation se réalisera dans 2 semaines.
C’est à suivre!
Élise Voyer, Port-au-Prince, 22 juin 2008