C'est parti! Nous avons complété les deux premières journées de formation en droit de l'environnement destinée aux juristes, aux membres de la société civile et aux étudiants de la Faculté de droit et des sciences économiques de l'Université d'Haïti.
Nous avons deux groupes de participants: une soixante le matin et près de quatre-vingt l'après-midi, tous aussi motivés les uns que les autres.
Nous sommes étonnés et touchés de voir que la majorité des participants arrivent avant l'heure du début de la formation, attendant patiemment que le cadenas de la porte du local soit déverrouillé. Dans ce petit espace (d'environ 9 mètres carrés) les participants s'entassent à un point tel qu'il est impossible de circuler entre les rangées. Ici, les places en avant sont prisées et les rares pupitres d'écoliers libres sont ceux au fond de la classe. Les participants sont si nombreux à s'intéresser au droit de l'environnement qu'un gardien doit malheureusement contrôler l'accès au local et permettre l'entrée exclusivement à ceux qui sont inscrits ou qui ont une autorisation particulière de Me Méus, le vice-doyen de la Faculté.
Un nombre impressionnant de personnes à qui le gardien doit refuser l'accès choisissent quand même de rester et d'assister à la formation, leurs feuilles de notes à la main, à travers les barreaux des fenêtres intérieures du local. Inutile de mentionner que nous sommes profondément émus par cette démonstration d'intérêt et de détermination...
La formation débute par la distribution d'un recueil de textes fondamentaux en droit de l'environnement que nous avons préparé et qui est distribué gracieusement par Avocats sans frontières et l’Entraide universitaire mondiale du Canada: déclarations et conventions internationales, extraits de la Constitution d'Haïti et surtout le Décret haïtien de gestion de l'environnement, édicté en 2005, qui constitue la pièce maitresse de cette discipline ici. Étonnement, même les sources de droit haïtien semblent difficilement accessibles en Haïti. Les étudiants sont tous impatients d'obtenir leur copie du recueil et Me Méus doit assurer un contrôle sévère de la distribution.
Nous sommes informés que des étudiants des Gonaïves, une ville située à environ 3 heures de route au nord de Port-au-Prince, s'ajouteront au groupe, mais ne pourront obtenir une copie du recueil en raison de leur quantité limitée. Nous sommes fascinés de constater que des étudiants se déplacent de si loin pour assister à notre formation et ressentons leur déception lorsque Me Meus leur annonce qu'il n'y a pas de recueil de textes pour eux. Tout en constatant que l'éducation est valorisée en Haïti, l'exemple nous rappelle que l'accès aux sources de savoir, souvent tenu pour acquis chez nous, est fonction de moyens qui demeurent limités.
Fait inusité: lorsque vient le moment de lire certaines définitions, plusieurs étudiants les récitent avec nous à voix haute, sans même que nous le demandions.
Les six heures de formation (3 heures par groupe) passent en un clin d'œil, notamment grâce aux échanges fascinants que nous avons avec les étudiants sur les constats environnementaux en Haïti. Leur énergie et leur enthousiasme nous font oublier la chaleur, et surtout le bruit qui provient des autres locaux qui sont tous à aire ouverte et qui nous force par moment à presque crier dans le micro mis à notre disposition. Un micro qui est d'ailleurs en soit une source de bruit importante puisque plus nous augmentons son volume, plus les haut-parleurs font entendre un grondement sourd qui ensevelit notre voix.
Alors que nous abordons le concept de la pollution sonore, un participant fait remarquer avec humour à l'ensemble du groupe que le micro en est une excellente illustration! L'éclat de rire spontané des étudiants est un doux rappel que personne nous tient rigueur de ces aléas techniques...Ici, on a l'habitude!
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Me David E. Roberge et Me Cindy Vaillancourt, du cabinet McCarthy Tétrault, sont en Haïti pour participer à la mission ASF de formation en droit de l’environnement en collaboration l'Entraide universitaire mondiale du Canada et l’Université d’État d’Haïti, du 3 au 17 février 2009. Les billets qu'ils nous écrivent d'Haïti sont également diffusés sur le blogue du FP Legal Post. On peut les lire à l'adresse suivante:
http://network.nationalpost.com/np/blogs/legalpost/archive/tags/Haitian+adventure/default.aspx