Dernière journée de classe. Après une semaine de formation pendant laquelle nous avons abordé les principales conventions internationales relatives à l'environnement ainsi que le droit haïtien de l'environnement, nous présentons aux participants un cas pratique et nous leur demandons de préparer des plaidoiries. L'exercice est un succès: les participants s'investissent pleinement dans la préparation et nous présentent des plaidoiries articulées, convaincantes et souvent enflammées. Nous écoutons les porte-parole de chaque équipe tour à tour et sommes impressionnés de constater la qualité de leur travail.
A la fin du cours, nous avons droit à de touchants remerciements de nos deux groupes de participants qui nous offrent un goûter, des cartes de remerciements et des fleurs. En cette période de Saint-Valentin, un jeune homme récite même devant toute la classe un poème à notre attention. Nous apprendrons plus tard que réciter des poèmes en classe à la veille de la Saint-Valentin est commun en Haïti. Une demande spéciale pour laquelle nous n'étions pas préparés: le groupe du matin nous demande de parler créole. Nous bredouillons les quelques rares expressions que nous avons apprises depuis notre arrivée, avec un accent terrible si on en croit les éclats de rire moqueur du groupe!
A la sortie d'un atelier de formation, nous rencontrons Louisson, un étudiant de deuxième année qui nous dit être déçu que la formation ait été réservée aux étudiants de quatrième année. Louisson a 19 ans et semble très préoccupé par la situation environnementale en Haïti . Il nous confie aussi être attristé par la mauvaise presse d'Haïti à l'étranger. Il nous parle des endroits magnifiques en Haïti et de grandes réussites. Il n'en peut plus que les étrangers se limitent à rapporter dans leurs bagages des histoires tristes et des photos de la misère. Nous lui promettons de profiter des quelques jours qu'il nous reste pour visiter l'autre face d'Haïti...
Notre teint tournant justement de plus en plus au vert après une semaine intensive de travail, un temps d'arrêt sur une des magnifiques plages de la côte des Arcadins est tout indiqué. En route, nous stoppons à un marché en plein air où une cinquantaine de marchands y ont un petit kiosque de fortune, tous entassés les uns contre les autres. La plupart des gens n'y parlent que créole donc les contacts sont limités. Mais ici encore on nous offre des sourires. Les kiosques de fruits frais côtoient les kiosques de poissons, de vêtements, de noix de coco et de friandises. Le soleil est brûlant et les odeurs sont parfois fortes. On est loin des supermarchés aseptisés prévus pour les coopérants internationaux.
Arrivés à la plage, les eaux turquoises de la mer des Caraïbes nous attendent ainsi que de sympathiques marchands avec qui nous avons plaisir à négocier l'achat d'objets d'artisanat tout aussi magnifiques les uns que les autres! Nous avons une pensée particulière pour Louisson qui avait bien raison de nous parler des splendeurs de son pays.