Nouvelles Avocats sans frontières

10 février 2009

Les coopérants d'ASF en préparation de formation à Jacmel

Dimanche, 8 février. Nous revenons de deux jours à Jacmel, une petite localité de la pointe sud d’Haïti où nous avons profité des deux derniers jours pour finaliser notre programme de formation en droit de l’environnement et pour continuer à nous familiariser avec la réalité d’Haïti. Ici, on semble loin du climat d’insécurité parfois ressenti dans certains secteurs de la capitale. On raconte que les criminels qui ont voulu s’installer à Jacmel l'ont payé cher : les Jacméliens se sont improvisés justiciers, en l'absence d'une police capable de faire régner l'ordre. Il serait même arrivé, dit-on, qu'un voleur soit pourchassé par une cinquantaine de citoyens en colère...

Ainsi, à Jacmel, le Blanc, comme on nous appelle ici, peut se promener en toute sécurité. Il reste toutefois le risque bien réel de se faire renverser par une des centaines de mobylettes qui circulent à toute allure dans les rues étroites sans trottoirs. Comme nous sommes un peu craintifs, la marche en file indienne s'impose, tout comme les bouchons pour les oreilles pourraient également être utiles : les Jacméliens utilisent le klaxon à tout instant, pour saluer, pour avertir d'un danger, pour indiquer leur présence et, surtout, pour signaler qu'ils ne dévieront pas de leur route!

Mais pas question de nous plaindre. Contrairement à Port-au-Prince où l’instabilité nous contraint dans nos déplacements, à Jacmel, nous profitons de cette liberté de déambuler à notre gré dans les rues, une liberté si souvent tenue pour acquise chez nous.

Nous logeons à la maison bleue, une villa située à flanc de montagne et surplombant la mer. Julie et Michel, de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, ainsi que Manon, du Service d’assistance canadienne aux organismes, trois coopérants faisant comme nous partie du Programme de coopération volontaire d’appui à la gouvernance en Haïti, financé par l’ACDI, nous y accueillent comme des amis de longue date. Ils sont ici pour donner des formations de gestion participative, de pédagogie auprès des enseignants et de planification auprès des directeurs d'écoles.

Samedi, nous trouvons un petit bout de plage magnifique entre des bidonvilles perchés sur les berges. Pendant quelques heures, le temps s'arrête. On oublie que nous sommes dans le pays le plus pauvre de l'Amérique. Dans la mer, nous rencontrons de nouveaux amis, de jeunes Haïtiens qui nous appellent « poulets » en raison de la blancheur de notre peau. Ils s'amusent à nous chatouiller les pieds sous l’eau.

En fin de journée, nous avons droit à un spectacle improvisé d'enfants déguisés pour le Carnaval. Ils dansent et chantent pour nous, en échange de quelques gourdes (monnaie d’Haïti). Au cours des trois prochaines semaines, c’est tout Haïti qui vibrera au rythme du Carnaval, avec ses milliers de masques colorés et ses bandes de rue qui fanfaronneront toute la nuit.

Quant à nous, malgré une certaine nervosité, nous avons hâte de commencer notre formation et de rencontrer les 155 participants inscrits.

***
Me David E. Roberge et Me Cindy Vaillancourt, du cabinet McCarthy Tétrault, sont en Haïti pour participer à la mission ASF de formation en droit de l’environnement en collaboration l'Entraide universitaire mondiale du Canada et l’Université d’État d’Haïti, du 3 au 17 février 2009. Les billets qu'ils nous écrivent d'Haïti sont également diffusés sur le blogue du FP Legal Post. On peut les lire à l'adresse suivante:

http://network.nationalpost.com/np/blogs/legalpost/archive/tags/Haitian+adventure/default.aspx

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