Nouvelles Avocats sans frontières

30 mai 2009

Les ONG sont-elles les amies des terroristes?

Le jeudi 28 mai dernier, ASF participait avec Amnistie internationale section Canada francophone a une conférence au titre provocateur dans le cadre de l'École d'été sur les terrorismes organisée par l'Institut québécois des hautes études internationales de l’Université Laval: «Les ONG sont-elles les amies des terroristes?». L'événement a eu lieu devant une salle remplie à capacité.

Au nom d'ASF, le directeur général Pascal Paradis a articulé son intervention en 7 points:

1. Présentation d’ASF
2. Définition du terrorisme pour les nuls
3. Quel terrorisme? Quels terroristes?
4. La primauté du droit, rempart fondamental contre le terrorisme
5. Les règles et les valeurs sur lesquelles est fondée l’action d’ASF
6. La reconnaissance du rôle de défenseur des droits humains
7. Qui joue le jeu des terroristes?

Selon Pascal Paradis, «[...] la primauté du droit, c’est ce qui nous distingue des terroristes : nous nous sommes donnés des règles contre l’arbitraire, la violence et le désordre. Nous acceptons que rien ni personne n’est au-dessus de la loi et ne peut décider par lui-même de ce qui est bien ou mal. Les terroristes jugent que la cause qu’ils poursuivent est au-dessus de tout et justifie ainsi la mort, la violence et la terreur. Ce n’est pas faire leur lit que de protéger contre vents et marées notre principal rempart contre une telle vision du monde.»

Plus loin dans son allocution, Me Paradis a posé ainsi la question centrale: «D’aucuns sont d’avis que la lutte contre ces terroristes justifie l’abandon du respect de nos propres lois et des droits fondamentaux inscrits dans notre constitution, dans les chartes des droits et libertés et dans les traités qui nous lient. Ils estiment, dans leur vision subjective, qu’une ou des personnes sont présumées être des terroristes et en ce qui les concerne, la fin justifie les moyens. On peut donc dans leur cas abandonner ce pilier de notre société que constitue le respect de la primauté du droit. Est-ce la meilleure façon de lutter contre le terrorisme? Devons-nous nécessairement faire ce compromis?»

«Notre réponse est évidemment non», y a-t-il répondu, en concluant quelques minutes plus tard avec l'observation suivante: «Comme ONG de défense et de promotion des droits humains, nous sommes là pour le rappeler : on peut lutter contre le terrorisme et protéger notre pays tout en ne faisant pas de compromis sur les valeurs et l’État de droit que nous avons mis des siècles à bâtir. Les ONG comme ASF disent simplement qu’on peut concilier sécurité et respect des droits humains. Que la lutte contre le terrorisme ne peut se faire qu’en respectant la primauté du droit. Qu’il y a certaines limites à ne pas franchir : celles que nous nous sommes fixées dans les traités internationaux, notre constitution, nos chartes des droits et libertés et nos lois fondamentales. Nous ne sommes pas les amies des terroristes, nous sommes les amies de ce qu’ils détestent et attaquent : nos valeurs fondamentales.»

Poster un commentaire

(Si vous n'avez pas encore écrit de commentaire ici, vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci de patienter).


© Avocats sans frontières Québec (ASFQ), 2006