Du 19 au 29 janvier 2010, une délégation d’ASF composée de Mes Pierre Rousseau et Marie-Claire Émond, tous deux experts en droit pénal canadien, seront à Popayàn (Cauca), afin d’y observer le procès de six militaires accusés d’homicide à l’encontre d’une personne protégée par le droit international humanitaire (homicidio en persona protegida), une infraction prévue par le Code pénal colombien depuis 2001. En l’occurrence, les soldats sont accusés d’avoir délibérément tué par balles le 16 décembre 2008 M. Edwin Legarda, un membre du peuple autochtone nasa, alors qu’il se rendait en voiture à l’aéroport de Popayàn pour y chercher son épouse Aida Quilcué, une dirigeante du Conseil régional autochtone du Cauca (CRIC) qui rentrait ce jour-là de Genève, ou elle avait assisté à l’Examen périodique universel de la Colombie par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Mme Quilcué soutient faire depuis la mort de son mari l’objet de harcèlement de la part de la défense, qui cherche à lui faire porter le blâme pour l’incident. La délégation s’intéressera à la façon les garanties judiciaires universellement reconnues en matière pénale seront appliquées dans le cadre de ce procès. Cette mission est une initiative menée conjointement avec l’organisme Droits et Démocratie (D&D), qui appuie depuis plusieurs années le CRIC, et qui a dépêché à Popayan Me Adonia Simpson, une avocate de Boston (E.-U.) qui fait partie de la Coalition internationale pour les droits des femmes en situation de conflits.
Cette mission marque la fin de la première phase du programme d’ASF visant à renforcer l’accès à la justice des communautés autochtones et d’autres groupes particulièrement vulnérables aux conséquences du conflit armé en Colombie. Une seconde phase devrait débuter au printemps 2010.
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